
Imaginez la scène.
Nous sommes dans le bureau d’un juge antiterroriste. Face à lui, un homme mis en examen pour des faits liés au djihadisme. Le magistrat, Jean-François Ricard, tente de comprendre, il pose des questions, il cherche une logique rationnelle, des motivations, des réseaux.
Au bout d’un moment, l’homme le regarde et lâche cette phrase qui glace le sang :
« Monsieur le juge, pourquoi vous fatiguez-vous tant avec vos questions ? J’ai Dieu à mes côtés, et nous, nous avons le temps pour nous. »
Cette anecdote saisissante est rapportée dans l’ouvrage « Antiterrorisme, la traque des jihadistes », co-écrit par le magistrat Jean-François Ricard et le spécialiste du monde arabe Gilles Kepel.
Je tenais à partager cette réflexion avec vous ce samedi matin, car elle résume à elle seule le drame de l’Occident.
Notre drame, c’est notre myopie.
Nous souffrons d’une maladie de l’esprit : nous refusons d’écouter ce que dit l’ennemi. Ou plutôt, nous refusons de le croire.
Depuis des décennies, nos élites intellectuelles et médiatiques tentent d’expliquer l’islamisme par la sociologie. Ils nous disent : « C’est la conséquence de l’exclusion, du chômage, du passé colonial, de la pauvreté… »
Ils cherchent des excuses matérielles à un problème spirituel.
Or, que nous disent les islamistes ? Ils ne parlent pas de pouvoir d’achat ou de lutte des classes. Ils parlent de Dieu, de conquête et d’éternité.
Quand l’accusé dit « Nous avons le temps », il ne parle pas de l’heure qu’il est.
Il parle d’un temps long, historique, voire eschatologique. Il sait que les démocraties sont pressées, soumises au temps court des élections et des sondages. L’islam politique, lui, planifie sur des siècles.
Cette cécité touche le sommet de l’État, mais elle gangrène aussi nos villages.
C’est exactement ce qui se passe lorsqu’un maire, souvent plein de bonnes intentions mais terriblement naïf, accepte la construction d’un « centre culturel » islamique dans sa commune.
Le maire pense « vivre-ensemble », « paix sociale », « intégration ». Il pense avec son logiciel d’homme occidental sécularisé. En face, ses interlocuteurs pensent « territoire », « visibilité », « enracinement ».
L’un gère le mandat présent ; l’autre prépare la génération future.
Le plus grand service que nous puissions rendre à notre civilisation aujourd’hui n’est pas seulement de nous indigner, mais de devenir lucides.
Il faut arrêter de projeter nos propres schémas de pensée sur ceux qui veulent notre fin.
Il faut avoir l’humilité d’écouter ce qu’ils disent, et le courage de les prendre au sérieux.
Je vous invite à méditer là-dessus ce week-end.
Si cette réflexion vous semble pertinente, n’hésitez pas à transférer ce courriel à un ami qui a besoin d’ouvrir les yeux sur cette réalité.
La bataille culturelle se gagne d’abord dans les esprits.
(Communication reçue via Gendnet ce 9 février 2026)
